Le port de la Lune, cœur historique et économique de Bordeaux

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Le port de la Lune, cœur historique et économique de Bordeaux

Le Port de la Lune, c’est le nom familier que Bordeaux et les Bordelais donnent à leur port, à cause de la forme en croissant de lune que prend la Garonne lors de son passage dans la ville.
Ce croissant de lune figure même dans les armoiries de la capitale Girondine, ce qui prouve l’importance des activités portuaires pour Bordeaux. Ce quartier a été classé, en 2007, au répertoire des sites du patrimoine de l’UNESCO.

Le port de la Lune : Bordeaux et son histoire

Du fait de ses échanges commerciaux avec les grandes nations marchandes, en particulier l’Angleterre, Bordeaux, a toujours eu besoin d’un port de commerce actif. La ville, depuis l’Antiquité s’est toujours appuyée sur les méandres de la Garonne, et le Port de la Lune a, depuis deux mille ans, été le poumon économique de ces échanges.

Depuis le XIIe siècle, des navires de commerce emportaient le vin issu des vignobles bordelais jusqu’en Grande-Bretagne, où il était fort prisé à la cour, grâce à l’influence d’Aliénor d’Aquitaine. En retour, la ville recevait toutes les denrées dont elle avait besoin, venues des ports du monde entier. C’est sous Louis XIV que Bordeaux prit sa physionomie définitive, avec la construction de monuments d’architecture classique et néoclassique d’une belle unité de ton.

Le port de la Lune : plaque tournante du commerce international

Après une perte d’influence au lendemain de la Guerre de Cent Ans, à l’issue de laquelle Bordeaux revint dans le giron du royaume de France, c’est grâce à l’essor du commerce international que Bordeaux redevint une ville de première importance. Au siècle des lumières, l’essor de l’exploration des terres lointaines permit à l’économie européenne de se développer.


La bourgeoisie enrichie et la noblesse appréciaient les produits exotiques provenant d’Extrême-Orient, et la colonisation des Amériques permit un essor des affaires jamais vu dans l’histoire. Le port de la Lune profond et bien aménagé, bien défendu et abrité des caprices de la météo, Bordeaux profita de l’enrichissement général.

Bois d’ébène et commerce triangulaire

L’établissement des Français dans les Antilles et les plantations de canne à sucre exigeaient un nombre croissant de main-d’œuvre, qui ne pouvait être fourni que par l’esclavage. De plus, les Colonies d’Amérique du Nord exigeaient aussi un grand nombre d’esclaves.


Pendant le plus fort de la traite négrière, Bordeaux et son port de la Lune devinrent la deuxième ville portuaire de trafic de « bois d’Ébène », juste derrière Nantes. On estime qu’entre 1672 et 1837, Bordeaux arma plus de cinq cents expéditions, qui permirent la déportation de cent cinquante mille Africains environ.

Pendant l’âge d’or de ce trafic, tous les commerçants de la ville s’enrichirent considérablement, malgré les oppositions de plus en plus fortes émanant de philosophes et de sociétés philanthropiques. Selon les historiens, il exista plus de 180 armateurs bordelais qui organisèrent des expéditions plus ou moins nombreuses entre les côtes africaines et les Antilles françaises, rapportant de celles-ci dans leurs cales, la précieuse canne à sucre, le rhum et d’autres denrées exotiques.

Depuis l’abolition définitive en 1848, Bordeaux et le Port de la lune surent heureusement se reconvertir vers des activités plus acceptables moralement.

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